RDC – Affaire Kibombo Power : Teddy Lwamba face à la polémique, des responsabilités à situer dans toute la chaîne de décision

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Kinshasa, 13 octobre 2026 – Au cœur de la controverse autour du projet Kibombo Power, le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), le professeur Teddy Lwamba, fait l’objet de nombreuses interrogations. Pourtant, les éléments présentés dans le dossier d’enquête diffusé par Afrika TV Network mettent en évidence une succession de validations institutionnelles qui invite à examiner cette affaire dans toute sa complexité.

Loin de se limiter à la responsabilité du directeur général, le dossier soulève une question essentielle : comment attribuer les responsabilités dans un projet qui aurait bénéficié de plusieurs approbations au sein des instances compétentes ?

Un projet passé par plusieurs étapes de validation

Selon la chronologie rapportée dans le dossier, le projet Kibombo Power a été examiné par le conseil d’administration de la SNEL à partir d’octobre 2025, avant d’être approuvé le 6 mars 2026. L’assemblée générale aurait ensuite donné son feu vert le 24 avril 2026. Une correspondance du ministre du Portefeuille aurait également demandé sa mise en œuvre, tandis que l’examen économico-financier aurait été validé le 29 mai 2026.

L’investissement annoncé s’élève à 110 millions de dollars, avec une participation prévue de 30 % pour la SNEL et de 70 % pour Twiga.

Cette succession d’étapes montre que le dossier engage plusieurs niveaux de gouvernance. Dès lors, ramener toute la controverse à la personne de Teddy Lwamba, sans examiner le rôle des différentes instances ayant participé au processus, risquerait de donner une lecture incomplète de cette affaire.

Le conflit d’intérêts évoqué plusieurs mois après l’approbation

Autre point soulevé par le dossier : une correspondance d’octobre 2026 évoque une question de conflit d’intérêts, alors que le conseil d’administration avait approuvé le projet en mars.

Cette évolution appelle des éclaircissements. Quels éléments ont motivé cette nouvelle interrogation ? Les informations relatives aux actionnaires et aux bénéficiaires effectifs étaient-elles disponibles au moment des premières validations ? Les accords et avenants conclus en mai 2026, notamment ceux impliquant Toa Energy, ont-ils modifié certains paramètres du projet ?

Ces questions méritent des réponses documentées afin de comprendre les circonstances exactes de cette évolution et d’établir les responsabilités éventuelles.

Teddy Lwamba ne peut être le seul point de mire

Dans cette affaire, le rôle du directeur général doit être apprécié à la lumière des actes relevant de ses attributions, mais aussi des décisions prises par les autres organes de gouvernance.

Le conseil d’administration, l’assemblée générale et les instances de tutelle ont, selon la chronologie présentée, participé à différentes étapes du dossier. Leurs décisions respectives doivent donc être examinées avec la même rigueur.

La responsabilité d’un directeur général ne saurait se substituer à l’examen de toute la chaîne décisionnelle. Si des irrégularités sont établies, il conviendra d’identifier les actes concernés, les personnes impliquées et le niveau de responsabilité de chacune, sur la base de preuves vérifiables.

Cette démarche n’exclut pas la responsabilité individuelle de Teddy Lwamba. Elle impose simplement que toute mise en cause repose sur des faits précis, plutôt que sur une lecture qui ferait de lui l’unique responsable d’un processus impliquant plusieurs acteurs.

La transparence pour départager les faits des accusations

Pour éclairer l’opinion publique, la mise à disposition des documents pertinents serait déterminante : procès-verbaux et résolutions des organes délibérants, correspondances officielles, contrats, pactes, avenants ainsi que les informations relatives à l’actionnariat et aux bénéficiaires effectifs.

Ces pièces permettraient de retracer les décisions prises, de vérifier les conditions de validation du projet et de déterminer si des manquements ont effectivement été commis.

En attendant que ces éléments permettent d’établir les faits, la prudence reste de mise. La polémique autour de Kibombo Power ne devrait pas occulter une exigence fondamentale de bonne gouvernance : les responsabilités doivent être établies sur la base des preuves et à tous les niveaux concernés.

Pour Teddy Lwamba comme pour les autres acteurs du dossier, l’enjeu est désormais de permettre à la lumière des documents et des faits de prévaloir sur les interprétations. Car dans une affaire engageant une entreprise publique et des montants aussi importants, seule une analyse complète et transparente peut conduire à des conclusions crédibles.

Le Tonnerre

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